Comment interdire les meublés touristiques dans les copropriétés ?
La loi dite « loi Le Meur » marque un tournant dans la régulation des meublés de tourisme en France. Face à l’essor des locations de courte durée dans de nombreuses villes et à la pression croissante sur le marché du logement, le législateur a souhaité renforcer les outils permettant d’encadrer cette activité.
Des pouvoirs renforcés pour les copropriétés
La loi Le Meur renforce la capacité des copropriétés à encadrer, voire limiter, la location de courte durée dans les immeubles.
Désormais, les nouveaux règlements de copropriété doivent préciser explicitement si les meublés de tourisme sont autorisés ou interdits dans l’immeuble. Pour les copropriétés existantes, une modification du règlement reste possible par un vote en assemblée générale.
Les copropriétaires peuvent également décider d’interdire les locations de type meublé touristique lorsque celles-ci sont jugées incompatibles avec la destination de l’immeuble. Cette décision doit être votée selon les règles de majorité prévues par la loi sur la copropriété.
Avant de mettre un logement en location touristique, le propriétaire doit donc s’assurer que son projet respecte bien le règlement de copropriété en vigueur.
En cas de changement d’usage illégal d’un logement, les sanctions peuvent être très lourdes. L’amende peut atteindre 100 000 euros par logement, notamment lorsque la transformation d’un logement en meublé touristique est réalisée sans autorisation dans les communes où celle-ci est obligatoire.
Un cadre fiscal moins avantageux
La réforme s’accompagne également d’un durcissement du régime fiscal des locations meublées, introduit par les lois de finances récentes.
Pour les propriétaires déclarant leurs revenus au régime micro-BIC, les abattements forfaitaires ont été réduits :
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30 % d’abattement pour les meublés non classés, avec un plafond de recettes fixé à 15 000 € par an ;
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50 % d’abattement pour les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, avec un plafond de recettes fixé à 77 700 €.
Ces nouvelles règles augmentent l’assiette imposable pour de nombreux propriétaires, rendant le régime micro-BIC moins avantageux qu’auparavant.
Par ailleurs, les réformes fiscales récentes ont également modifié certains paramètres du régime LMNP (location meublée non professionnelle), notamment en ce qui concerne le traitement fiscal des amortissements lors de la revente du bien.
Des pouvoirs élargis pour les maires
La loi renforce aussi les outils dont disposent les collectivités locales pour encadrer la location touristique.
Les communes peuvent notamment sanctionner :
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l’absence d’enregistrement d’un meublé de tourisme ;
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la transmission d’informations inexactes lors de la déclaration.
Les plateformes de location peuvent également être contraintes de retirer ou désactiver une annonce lorsque le logement concerné fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ou de mise en sécurité.
La loi prévoit également la généralisation du numéro d’enregistrement des meublés de tourisme, qui devra être mis en place dans toutes les communes concernées au plus tard en 2026.
Une durée de location pouvant être réduite
Dans les communes où la réglementation s’applique, une résidence principale ne peut être louée en meublé de tourisme que 120 jours par an maximum.
La loi permet désormais aux communes de réduire ce plafond à 90 jours par an afin de mieux lutter contre la raréfaction des logements disponibles pour les habitants.
Le non-respect de cette limite peut entraîner des sanctions financières.
Un DPE obligatoire pour les meublés de tourisme
Autre évolution importante : les meublés de tourisme devront progressivement respecter les exigences du diagnostic de performance énergétique (DPE).
Le calendrier prévu est le suivant :
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à partir de 2025, les logements classés G ne pourront plus être loués ;
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à partir de 2028, les logements classés F seront également exclus ;
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à partir de 2034, seuls les logements classés A à D pourront être loués en meublé touristique.
Cette mesure vise à aligner progressivement les meublés de tourisme sur les règles applicables aux locations longue durée.
