Mauvais DPE : quelles solutions pour les logements énergivores loués ?
Les exigences de performance énergétique continuent de se renforcer. Pour les propriétaires de logements énergivores, la question n'est plus seulement de savoir s'il faut rénover, mais comment le faire efficacement et dans quels délais. Avant d'engager des travaux parfois coûteux, plusieurs vérifications peuvent permettre d'améliorer la situation du bien, voire de modifier son classement énergétique sans intervention lourde.
Vérifiez votre DPE
Avant de lancer un programme de rénovation énergétique, il est recommandé de vérifier que le diagnostic de performance énergétique de votre logement reflète correctement ses caractéristiques.
Cette étape est particulièrement importante pour les logements de petite surface. Depuis le 1er juillet 2024, la méthode de calcul du DPE a été corrigée pour les biens de moins de 40 m². Certaines petites surfaces, auparavant pénalisées par le poids de certains postes de consommation comme l'eau chaude sanitaire, ont ainsi pu bénéficier d'une amélioration de leur classement énergétique.
Les propriétaires concernés peuvent consulter l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME afin de vérifier si leur logement est éligible à une nouvelle étiquette énergétique.
Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Cette évolution vise à mieux prendre en compte la faible empreinte carbone de l'électricité française. Pour certains logements chauffés à l'électricité, ce changement peut permettre un gain d'une voire deux classes énergétiques sans travaux supplémentaires.
Là encore, l'Observatoire DPE-Audit permet de vérifier si une attestation de nouvelle étiquette peut être obtenue.
En cas de doute sur la note attribuée à votre logement, il peut également être pertinent de solliciter un second avis. Des écarts significatifs peuvent parfois apparaître entre deux diagnostics, notamment lorsque certaines caractéristiques du bien ont été mal prises en compte.
Il convient également de garder à l'esprit les échéances réglementaires. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont considérés comme énergétiquement indécents et ne peuvent plus être proposés à la location lors d'une nouvelle mise en location. Les logements classés F seront concernés à partir de 2028, puis les logements classés E à compter de 2034.
Concentrez-vous sur les travaux les plus efficaces
Si des travaux restent nécessaires, mieux vaut privilégier les interventions offrant le meilleur gain énergétique.
Les rénovations réalisées sur un seul poste du logement sont souvent moins performantes qu'une approche globale. Elles peuvent parfois générer des déséquilibres thermiques ou compliquer la réalisation de futurs travaux.
Le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire représentent la majeure partie des consommations énergétiques d'un logement. Le remplacement d'un équipement ancien par une installation plus performante constitue donc souvent une priorité.
D'autres améliorations peuvent également contribuer à rehausser la note du DPE :
- le remplacement des anciennes ampoules par des LED ;
- la pose de fenêtres à double vitrage lorsqu'elles sont encore en simple vitrage ;
- l'amélioration de l'isolation des combles ou de la toiture ;
- le traitement des murs donnant sur l'extérieur.
Lorsque cela est techniquement possible, l'isolation par l'extérieur permet généralement d'obtenir de bonnes performances tout en préservant la surface habitable du logement.
Mobilisez les aides disponibles
La rénovation énergétique peut représenter un investissement conséquent, mais plusieurs dispositifs d'accompagnement demeurent accessibles aux propriétaires bailleurs.
Le premier réflexe consiste à utiliser les outils de simulation proposés par France Rénov'. Ils permettent d'obtenir une estimation des aides mobilisables en fonction de la nature des travaux envisagés, des revenus du propriétaire et des caractéristiques du logement.
Les propriétaires peuvent également se rapprocher de l'ADIL de leur département afin d'identifier les éventuelles aides locales accordées par les collectivités territoriales.
Enfin, certains travaux peuvent ouvrir droit à différents avantages fiscaux ou mécanismes d'amortissement selon le régime de détention du bien. Il est toutefois recommandé de vérifier les conditions applicables avant d'intégrer ces avantages dans son plan de financement.
Face au durcissement progressif de la réglementation, les propriétaires de logements énergivores ont tout intérêt à anticiper. Une vérification du DPE, une stratégie de travaux cohérente et la mobilisation des aides existantes permettent souvent de préserver la valeur locative du bien tout en améliorant son confort et sa performance énergétique.